Hommage à Alain Le Douarin

 

Juillet 2010

 

C’est avec émotion et tristesse que nous avons appris tardivement la disparition d’Alain Le Douarin, qui fut l’une des figures les plus éclectiques et atypiques du monde musical français, aussi attachant par ses mélodies et arrangements que par son humour et sa fantaisie, sociétaire définitif exemplaire qui savait faire partie de nos vies tout en préservant la sienne. Ce qu’on qualifie parfois du terme réducteur de « professionnel » et qui recouvre en réalité une vie entière de passion, d’élans et de doutes, désormais contenues dans ces kilomètres de bandes, de pellicule, de prises et de chutes, de routes, loges et de coulisses qui font une vie d’artiste.

Indissociable de Maxime Le Forestier, Patrice Caratini, Yvan Dautin, Gabriel Yared, passé de la chanson à la publicité, à la radio, à la télévision et la bande originale en général, il avait touché à tous les styles, réussi à se fondre dans ces décors sonores et visuels qui constituent les miroirs de nos vies. Ses chansons pour et avec Maxime, outre celles qu’il arrangea et accompagna en « live », comptent parmi les plus belles et secrètes de l’artiste, ce que l’on aurait appelé naguère des « chansons d’album » : « Hymne à sept temps », « Mémoires d’une table », « Mourir d’enfance », « Courrier du cœur », « Le mot amour ». Et les deux disques écrits dans les années 80 avec le trop rare Yvan Dautin n’ont rien à leur envier : « Monsieur, monsieur », « Est-ce que c’est salsa ? », « Le jardinier », « Va-nu pieds sur un pied », « Le jour se lève du pied gauche », « Cinq à Sète », « Marie-Jeanne la dure », « Le poète a mis le pied », sont autant de titres iconoclastes à redécouvrir un jour, comme on le fit avec Bobby Lapointe, comme on le fera un jour avec Pierre Louki....

Claude Lemesle, président du Conseil d'administration de la Sacem
Bernard Miyet, président du Directoire de la Sacem